Bonjour à tous,
Je suis un lecteur assidu de ce site depuis quelques temps, mais je n'avais jamais pris soin de m'inscrire. A la lecture de ce fil de discussion, je me dois de franchir le pas afin de vous faire partager mon point de vue. Il semble en effet qu'il y ait un certain nombre d'informations erronées qu'il faille rectifier.
Tout d'abord, je suis à titre personnel gérant d'un cabinet de recouvrement. Il faut savoir à ce titre qu'il s'agit en effet d'un secteur d'activité où on va côtoyer aussi bien des sociétés à déontologie irréprochable que d'autres aux pratiques peu scrupuleuses. C'est d'ailleurs l'emploi de ce type de pratiques illégales et condamnables qui ont conduit au Décret de 1996 sus évoqué concernant la réglementation de notre profession. Mais comme vous le savez tous, un texte de loi qui ne dispose pas de moyens ou de structures pour le faire appliquer et veiller à son respect ne sert qu'à l'encadrer et l'accrocher sur un mur.
J'aimerais apporter mon expérience et ma vision des choses sur un certain nombre d'éléments que j'ai pu lire.
1) a- Pour Samy qui écrit "ne prenez pas au sérieux le jargon pseudo-juridique des organismes de recouvrement. Si vous devez effectivement quelque chose, envoyez votre règlement au créancier, par courrier recommandé"
Dans notre cabinet, nous ne sommes composés que de juristes confirmés (bac+5) et nous n'utilisons de texte de lois qu'en cas de nécessité, ce afin que le débiteur soit pleinement informé des risques qu'il encourt à ne pas procéder au règlement de sa créance. Pour le règlement auprès du cabinet ou du créancier, cela revient à la même chose, si ce n'est que le débiteur prend le risque d'être actionné de nouveau par le cabinet si celui-ci n'est pas informé par son client qu'il a reçu le paiement.
Il faut en effet savoir que le client nous donne mandat (au sens du Code civil) de recouvrer. Le cabinet est donc tout à fait à même de justifier d'un pouvoir dûment rempli par son client.
Quant à ce jargon "pseudo juridique" il faut la plupart du temps le prendre au sérieux ou en tout cas contacter le cabinet de recouvrement afin de s'expliquer, puisqu'en cas de procédure judiciaire précédée par le silence du débiteur, ce n'est pas qu'être irréaliste de confirmer que des frais viendront s'ajouter au montant dû par le débiteur. La plupart du temps, on a en effet la condamnation aux intérêts légaux, aux pénalités de retard voire clause pénale, à l'article 700 du ncpc, voire à des dommages et intêrets complémentaires si l'on démontre une résistance abusive du débiteur.
Donc premier conseil : ne pas jouer la politique de l'autruche.
Si il existe en effet des sociétés qui vont (censuré) sans jamais franchir le pas de la procédure, sachez que ça n'est pas le cas de tous ; dans notre cabinet, nous sommes ferme mais juste. Nous sommes à même de permettre au débiteur d'étaler le paiement de sa créance par exemple ou de conclure une transaction, mais un engagement non tenu sera immédiatement sanctionné par une procédure judiciaire.
Il faut aussi savoir que nous ne réclamerons jamais de sommes qui ne sont pas dues. Si le débiteur justifie que la créance n'est pas justifiéee (ex : il n'a pas reçu l'objet pour lequel la facture a été émise), nous procédons purement et simplement au classement du dossier.
1) b- toujours pour Samy qui dit :
"Article 32 de la loi 91-650 du 9 juillet 1991
"Sauf s'ils concernent un acte dont l'accomplissement est prescrit par la loi, les frais de recouvrement entrepris sans titre exécutoire restent à la charge du créancier"
On ne peut vous réclamer des "frais de dossier" ou des "indemnités de recouvrement" : c'est illégal!"
Il y a quelque chose qui vous échappe ici.
En effet, le décret de 1996 prescrit justement des actes...la mise en demeure, la quittance de paiement au débiteur, et l'accusé de réception de paiement au créancier.
Dès lors ces trois courriers peuvent tout à fait être tarifés (ça n'est pas une obligation). Je vous renvoie à ce lien du site de l'ANCR (où vous trouverez par ailleurs de nombreuses autres informations intéressantes) que vous puissiez voir quels sont les frais qui peuvent être réclamés au débiteur sans titre exécutoire (comprenez sans jugement pour plus de facilité mais si cela n'est pas exact)
http://www.ancr.fr/Livre-Blanc-Les-frai ... -etre.htmlConcernant Intrum, je me garderai bien de porter un jugement sur ce concurrent et laisse chacun tirer ses propres conclusions.
2) quant au site de la répression des fraudes, je suis surpris par ce ton...j'avoue que je ne connaissais pas l'existence de cette page qui nous fait passer pour des mafieux...c'est particulièrement surprenant émanant d'une institution publique.
C'est limite de la diffamation qui vient entacher notre profession, qui est légale, et parfaitement utile pour tous nos créanciers (la plupart du temps des entreprises) qui sont parfois contraints de licencier et de se mettre en liquidation judiciaire à cause du nombre de leurs impayés....
Il faut se rappeler qu'une créance naît la plupart du temps à l'occasion d'un contrat. Ne pas respecter ce contrat en ne s'acquittant de ses obligations est tout bonnement inadmissible et peut s'apparenter à du vol (ex : je me fais livrer un écran plasma et refuse de procéder à son paiement...). Si plus personne ne s'acquitte de ce qu'il doit et qu'aucune structure ne permet d'y faire face, c'est tout bonnement toutes les entreprises et par voie de conséquence tous les emplois qui sont menacés.
3) à Assurancetourisque : vous préconisez une méthode de délation qui n'est pas sans rappeler des périodes sombres de notre histoire...vous faites exactement ce que vous reprochez par ailleurs, à savoir adopter un comportement "moralement" discutable. Dans le cas d'espèce mentionné par lerouxjul, il s'agit d'une homonymie...C'est une erreur réalisée par le cabinet de recouvrement (qui sans doute avait lui même eu des infos erronées de son client) et qui l'a corrigé sur simple appel de la part de lerouxjul !
Vous parlez d'extorsion de fond....Avez vous oublié que l'erreur est humaine ?
Par contre lerouxjul et devin, l'huissier de justice est un officier ministériel, et je ne suis pas sûr que faire apparaître l'un de ses courriers sur ce site soit réellement autorisé, non seulement en vertu du droit d'auteur, mais aussi en vertu du respect à attacher à cette fonction. A votre place, j'editerai mon post pour retirer cette image (on ne sait jamais).
nota : En cas de problème avec un huissier de justice, c'est d'ailleurs à la Chambre des Huissiers qu'il faut s'adresser, et pas au procureur de la république. Vous pouvez trouver aisément les coordonnées de la chambre dans toutes les juridictions.
4) concernant le préjudice moral ou encore l'extorsion de fond...notre société s'américanise de plus en plus ;(
Je vous invite à contacter votre avocat puisque je suppose que ma réponse pourra être jugée partisane.
En conclusion, je vous invite à ne pas placer tout le monde dans le même sac, que ce soit au niveau des sociétés de recouvrement ou des huissiers.
Je vous rappelle que l'impayé est un fléau pour l'économie et pour l'emploi.
En cas d'action ou de relance dont vous seriez destinataires et qui vous paraitrait contestable, sachez que mon cabinet défend aussi nos clients en défense, c'est à dire quand ils sont eux même actionnés afin de se voir contraindre à un paiement.
N'hésitez pas à me contacter pour que je puisse vous dire ce qui est sérieux et à prendre en considération, et ce qui ne l'est pas.
Cordialement